En France et à l’étranger : féministes d’abord et toujours !

Être féministe, c’est défendre l’égalité entre les femmes et les hommes, partout dans le monde et mettre en place des politiques de lutte contre les inégalités de genre et les violences faites aux femmes. En tant que citoyen·ne·s, nous nous demandons souvent :  comment agir, à notre niveau ? Qu’est-ce que la France peut faire dans le monde ? Nous voulons donner aux citoyen·ne·s les outils pour lutter contre les inégalités femmes-hommes, à commencer par ceux contre les violences faites aux femmes.

Lutter contre les violences faites aux femmes par l’information la plus large

Il existe des “fiches-réflexe” envoyées aux consulats et ambassades, l’une sur la protection consulaire face aux cas de violences intrafamiliales et l’autre sur la protection consulaire en cas de mariages forcés, ainsi qu’un annuaire des structures pays par pays. Ce sont désormais toutes les violences de genre qui doivent être traitées, y compris les violences transgenres et les violences faites aux femmes dans le cadre de la marchandisation du corps humain, des systèmes prostitutionnels et des réseaux de traite d’êtres humains qui les accompagnent. 

Mais ces fiches-réflexe ne sont volontairement pas rendues publiques : aucun·e élu·e, aucun citoyen·ne n’y a accès ! Nous nous assurerons qu’une fois par an, lors de la journée mondiale pour l’élimination des violences faites aux femmes, le 25 novembre, tou·te·.s les Français·es de l’Etranger seront informé·e·s, pays par pays, de leurs droits et des structures locales existantes, mais aussi des relais au consulat et à l’ambassade. Toute l’année, l’accueil dans le consulat et l’ambassade permettra l’affichage de ces informations.

Un fonds pour les victimes de violences

Les cas signalés de violences conjugales concernant des Français·es de l’étranger ont fait apparaître une forte augmentation depuis le début des confinements en 2020 et mis en valeur l’urgente nécessité d’accueillir, d’orienter et d’assister les victimes concernées. En juillet 2020, le gouvernement promettait que l’ensemble des postes diplomatiques et consulaires seraient invités dans les semaines suivantes à mettre en ligne sur leur site internet une rubrique spécifiquement dédiée à l’information des victimes de violences intrafamiliales. Aujourd’hui, ces rubriques spécifiques demeurent inexistantes ou incomplètes : manque d’informations sur les possibilités de retour et d’hébergement d'urgence en France, aucun lien vers l’annuaire des structures locales, ni sur l’aide juridique. Une fois de plus, le gouvernement n’a consenti qu’à un effort de façade pour un problème pourtant extrêmement sérieux.  Nous voulons créer un fond d’aide aux victimes de violences de genre, conjugales et intrafamiliales, y compris pour l’aide au retour et à l’accès à l’aide juridique.

Santé des femmes : un enjeu de santé publique et de justice sociale

L’accès à l’Interruption Volontaire de Grossesse reste difficile dans le monde. Si cet acte médical demeure interdit dans une minorité de pays à travers le monde, l'accès à l'avortement est toujours très restrictif voire illégal sur le continent africain. Si ce sont globalement les femmes d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Océanie qui bénéficient des législations les plus libérales, certains pays durcissent encore l’accès à l’avortement. Aux Etats-Unis, le débat continue de faire fureur, tandis que le Texas est en passe d'adopter une loi interdisant d’avorter dès les premiers battements de cœur de l’embryon. En Andorre, au Vatican et à Malte, l'avortement peut entraîner une peine de 18 mois à 3 ans de prison. En Pologne, en 2020, le Tribunal constitutionnel, soutenu par le gouvernement populiste de droite, a proscrit l'interruption volontaire de grossesse même en cas de malformation grave du foetus. Les Françaises qui habitent dans ces pays doivent donc voyager, en France quand elles le peuvent, pour subir ces interventions médicales. Nous voulons permettre à toutes les femmes françaises, qu’elles soient ou non inscrites à la sécurité sociale et à la Caisse des Français Étranger, dès leur arrivée sur le territoire, d'avoir accès gratuitement en France, à la santé reproductive et sexuelle, en particulier à l’IVG. La suppression du délai de carence le permettra. 

Beaucoup de femmes françaises à l’étranger n’ont pas accès à la santé reproductive et sexuelle pour des raisons financières : soit parce que la prise en charge de ces frais médicaux est exclue en totalité ou partiellement des assurances privées, soit parce que ces femmes n’ont pas de couverture sociale (cas des Permis Vacances-Travail par exemple).  La Caisse des Français de l’Etranger - CFE - propose un remboursement fondé sur les coûts de santé en France (2448 pour un accouchement par voie basse, 2763 pour une césarienne, 792 pour un IVG), alors qu’un accouchement sans complication coûte en moyenne 5000 à 11000 dollars. Des concitoyennes se retrouvent ainsi gravement endettées ou contraintes à renoncer à des soins, mettant leur vie en danger. Nous voulons que la CFE revoit à la hausse le remboursement des accouchements, des IVG et de la contraception, afin de prendre en charge les coûts réels et l’inflation. 

Les divorces des couples à l’étranger sont en hausse permanente. Des parents de couples binationaux se trouvent en désarroi face au système judiciaire local et parfois éloignés injustement de leurs enfants. Le cas des pères de famille binationale japonaise coupés de tout contact avec leurs enfants est particulièrement préoccupant. Le réflexe des systèmes de protection de l’enfance, visant à attribuer la garde au parent national est commun. Le guide juridique des Français de l’étranger par les notaires de France traite des problématiques liées aux couples et familles, aux questions de fiscalité, donations, successions et divorces à l’étranger et devrait être largement diffusé. La France devrait également assurer une aide juridique pour venir en aide aux personnes économiquement faibles. Le refus de discuter ce point sous couvert d’économies budgétaires par le gouvernement est à déplorer. Nous voulons mettre à la disposition des Français·e·s de l’Etranger des pages dédiées à ces problématiques, pour donner un accès large aux guides, aux listes de notoriété des avocats, et un conseil juridique gratuit pour les familles les plus vulnérables, en particulier les femmes victimes de violences.

Aux côtés des femmes, partout dans le monde

Féministes et internationalistes, nous considérons que la France doit se battre auprès de toutes les femmes dans le monde, pour la défense de leurs droits. En 2018, un rapport forum économique mondial dénonçait une régression des droits des femmes dans le monde : si la région Moyen-Orient et Afrique du Nord était la moins bien classée, c’était au sein des économies les plus importantes de la planète, la Chine, les États-Unis et l’Inde, que les reculs étaient les plus nets en termes de représentation politique et de participation économique. Sur tous les continents, nous assistons à des offensives virulentes contre le droit à l’interruption volontaire de grossesse (Etats-Unis, Brésil, Pologne, Espagne), la dépénalisation des violences conjugales (Russie), au refus de la Pologne ou de la Hongrie de ratifier la convention d’Istanbul sur les violences faites aux femmes, dont la Turquie s’est retirée. En France, les discours masculinistes et sexistes se sont frayés une place dans l’élection présidentielle avec Eric Zemmour. Marine Le Pen, quant à elle, propose de dérembourser l’IVG et de créer une incitation pour que les femmes sortent de la vie active et restent au foyer, à l’image de la “règle du Bâillon” créée par Trump. À leurs appels à l’exclusion, en particulier contre les femmes musulmanes, nous répondons par notre volonté d’émancipation de toutes les femmes, à travers l’éducation, l’information, et l’inclusion. S’y ajoutent la montée des fondamentalismes religieux, la systématisation et la théâtralisation des violences faites aux femmes par des groupes terroristes (enlèvement de 200 jeunes filles par Boko Haram, esclavage par Daech, etc.). 

La solidarité internationale, à travers l’aide publique au développement et la réaffirmation des droits humains comme priorité dans notre diplomatie doivent faire de la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes dans le monde un leitmotiv.

Si le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes s’est hissé progressivement comme une priorité de l’aide internationale, serait passée entre 2006 et 2017 de 15 à 45 milliards de dollars (OCDE) et vu comme un Objectif Du Développement Durable (ODD5) dédié depuis 2015, les financements alloués à l’égalité femmes-hommes demeurent néanmoins insuffisants. En 2018, seulement un tiers de l’aide internationale intégrait le genre, et uniquement 8% visait spécifiquement les droits et l’autonomisation des femmes.

Une étude d’Oxfam a passé au crible des projets de l’agence française de développement -AFD - comptabilisés par celle-ci comme en faveur de l'égalité des genres. Le rapport révèle que les projets réunissaient seulement 36% des prérequis de l’OCDE pour être marqué “genre”, avec une note globale de 22% en termes de qualité de l’intégration de l’égalité femmes-hommes. Selon Oxfam, certains projets ne mentionnent pas ou très peu le genre dans leur fiche projets, avec une faible analyse de la dimension genre du contexte. Finalement, seulement un projet sur dix disposait d’un objectif explicite sur l’égalité femmes-hommes. Enfin, la moitié des projets ne présentent pas d’indicateurs ventilés par sexe, et seulement deux ont un indicateur dédié aux résultats en matière d’égalité de genre. Ainsi, une fois de plus, la priorité d’Emmanuel Macron accordée à l’égalité femmes-hommes cache une bien triste réalité. 

Nos propositions sont claires : 

  • Nous exigeons une plus grande transparence sur la façon dont les inégalités entre les femmes et les hommes ont été prises en compte à chaque étape des projets de l’AFD, mais surtout, nous exigeons un investissement accru sur la mesure de l’impact et de l’efficacité des projets grâce à des indicateurs pertinents. 
  • Enfin, en accordant une part plus importante aux subventions dans l’aide au développement française, nous pourrons mieux soutenir les ONGs et les femmes qui se battent, sur le terrain, pour faire avancer l’égalité des genres dans le monde. 

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Social, Société, Sécurité, Féminisme, Violence, Santé, Solidarité

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